{"id":6,"date":"2026-02-11T16:04:31","date_gmt":"2026-02-11T16:04:31","guid":{"rendered":"http:\/\/lindsay-tang.fr\/?page_id=6"},"modified":"2026-05-06T11:38:16","modified_gmt":"2026-05-06T11:38:16","slug":"note-dintention","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/lindsay-tang.fr\/index.php\/note-dintention\/","title":{"rendered":"La note d&rsquo;intention du m\u00e9moire"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1969, le syst\u00e8me binaire ARPANET est install\u00e9 dans quatre universit\u00e9s \u00e9tasuniennes, inaugurant avec son branchement le premier r\u00e9seau \u00e0 commutation de paquets de l\u2019histoire. Quatorze ans plus tard, le protocole TCP\/IP est adopt\u00e9 afin d\u2019obtenir une base commune \u00e0 tous les r\u00e9seaux qui s\u2019en sont suivis. Toutes les machines, quels que soient leur marque ou leur syst\u00e8me, pouvaient d\u00e8s lors communiquer entre elles m\u00eame \u00e0 distance : c\u2019est la gen\u00e8se de l\u2019Internet moderne.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"960\" height=\"687\" src=\"http:\/\/lindsay-tang.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/arpanet_carte_logique.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-15\" srcset=\"https:\/\/lindsay-tang.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/arpanet_carte_logique.png 960w, https:\/\/lindsay-tang.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/arpanet_carte_logique-300x215.png 300w, https:\/\/lindsay-tang.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/arpanet_carte_logique-768x550.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cependant, ce n\u2019est que dans les ann\u00e9es 1990 qu\u2019Internet gagne en popularit\u00e9 aupr\u00e8s du grand public gr\u00e2ce au World Wide Web et son protocole HTTP. Invent\u00e9 par Tim Berners-Lee, le Web se pr\u00e9sente sous forme de pages regroup\u00e9es en sites, le tout rendu accessible par des navigateurs. Plus besoin de conna\u00eetre du bout des doigts les lignes de commande textuelles, l\u2019utilisateur se retrouve maintenant face \u00e0 une <em>interface<\/em> traduisant les donn\u00e9es en signes graphiques accessibles et ce qui n\u2019\u00e9tait \u00e0 la base qu\u2019un r\u00e9seau d&rsquo;\u00e9changes d\u2019informations purement fonctionnel devient un m\u00e9dia que chacun peut s\u2019approprier.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Espace vierge n\u2019appelant qu\u2019\u00e0 \u00eatre occup\u00e9, Internet s\u2019est alors vu \u00eatre investi par un flot d\u2019utilisateurs attir\u00e9s par la promesse de cr\u00e9er leur propre site. La hausse d\u2019activit\u00e9 enregistr\u00e9e sur ce qui \u00e9tait devenu \u201cla Toile\u201d entra\u00eenant la formation d\u2019une communaut\u00e9 et d\u2019une <em>culture<\/em> du web, les internautes ont vu appara\u00eetre peu \u00e0 peu une terminologie propre \u00e0 celle-ci. Sites, adresses, noms de domaines ou encore homepage, autant de termes renvoyant tant au lexique architectural que g\u00e9ographique. Sommes-nous ici face \u00e0 un abus de langage ou pouvons-nous penser qu\u2019il s\u2019agit de la traduction d\u2019une volont\u00e9 d\u2019exister ou encore m\u00eame d\u2019habiter cet espace num\u00e9rique ? Boris Beaude (1), g\u00e9ographe fran\u00e7ais, affirme en effet que, bien qu\u2019il soit souvent amoindri par le terme virtuel, le Web est bien un espace<em> r\u00e9el <\/em>o\u00f9 se d\u00e9ploient des pratiques, des relations et des infrastructures. Ce cyberespace ne serait donc pas qu\u2019un simple <em>simulacre <\/em>ou une \u201cr\u00e9alit\u00e9\u201d <em>virtuelle<\/em>, il pourrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un monde \u00e0 part enti\u00e8re ou, au moins, envisag\u00e9 dans la continuit\u00e9 de notre r\u00e9alit\u00e9 mat\u00e9rielle. Parall\u00e8lement \u00e0 cette th\u00e8se, nous pouvons convoquer la pens\u00e9e de Jean Marc Besse, philosophe et historien, selon laquelle&nbsp; \u00ab habiter, c\u2019est tracer des lignes et dessiner des surfaces, c\u2019est \u00e9crire sur la terre, parfois en puissants caract\u00e8res, et y laisser des images \u00bb (2). La semi-migration des internautes vers le monde num\u00e9rique r\u00e9sultant de l\u2019utilisation du graphisme dans les interfaces, il semble d\u00e8s lors l\u00e9gitime d\u2019investir cet article de la probl\u00e9matique suivante : dans quelle mesure le graphisme am\u00e9nage-t-il le cyberespace ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec cette question, une \u00e9valuation de la notion d\u2019interface et de son r\u00f4le appara\u00eet \u00e9galement n\u00e9cessaire. Provenant du latin \u00ab inter \u00bb et \u00ab facies \u00bb, traduit litt\u00e9ralement par face entre deux choses ou surface de contact, la mission de l\u2019interface est de permettre un \u00e9change entre deux \u00e9l\u00e9ments. Dans le cadre du Web, l\u2019interface fait office d\u2019un \u00ab corps liqu\u00e9fi\u00e9&nbsp; \u00bb (3) qui permet \u00e0 l\u2019utilisateur de se mouvoir dans la multitude de donn\u00e9es comme il pourrait le faire dans le monde mat\u00e9riel. L\u2019internaute fait ainsi corps avec ce cyberespace et l\u2019apprivoise. Mais jusqu\u2019o\u00f9 peut aller cet apprivoisement ? L\u2019interface peut-elle vraiment transformer un espace op\u00e9ratoire d\u00e9sincarn\u00e9 en lieu habitable ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1984, William Gibson, cr\u00e9ateur reconnu du terme cyberespace, nous livrait une vision de ce qu\u2019il imaginait \u00eatre le monde num\u00e9rique dans Neuromancien.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-cyan-bluish-gray-color\">\u00ab Une hallucination consensuelle v\u00e9cue quotidiennement en toute l\u00e9galit\u00e9 par des dizaines de millions d\u2019op\u00e9rateurs, dans tous les pays, par des enfants \u00e0 qui des concepts math\u00e9matiques sont ainsi enseign\u00e9s\u2026 Une repr\u00e9sentation graphique de donn\u00e9es extraites des m\u00e9moires de tous les ordinateurs du syst\u00e8me humain. Une complexit\u00e9 impensable. Des traits de lumi\u00e8res dispos\u00e9s dans le non-espace de l\u2019esprit, des amas et des constellations de donn\u00e9es. Comme les lumi\u00e8res de villes, dans le lointain. \u00bb (4)<\/mark><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cet article, en r\u00e9duisant son champ de recherche aux cas pr\u00e9cis des sites personnels, a pour but d\u2019interroger la dimension proph\u00e9tique de cette description.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Boris Beaude, \u00ab <em>Internet : Changer l\u2019espace, changer la soci\u00e9t\u00e9<\/em> \u00bb, Limoges, FYP \u00c9ditions, 2012<\/li>\n\n\n\n<li>Jean-Marc Besse, \u00ab <em>Habiter : un monde \u00e0 mon image<\/em> \u00bb, Paris, Flammarion, 2013, p.7<\/li>\n\n\n\n<li>Marion Roussel, \u00ab <em>Architecture liquide et cyberespace : De William Gibson \u00e0 la virtualit\u00e9 \u00e9vers\u00e9e. Partie I<\/em>I \u00bb, DNArchi, 30\/05\/2012, &lt;<a href=\"http:\/\/dnarchi.fr\/culture\/architecture-liquide-et-cyberespace-de-william-gibson-a-la-virtualite-eversee-partie-i\/\">http:\/\/dnarchi.fr\/culture\/architecture-liquide-et-cyberespace-de-william-gibson-a-la-virtualite-eversee-partie-i\/<\/a>>\u00a0<\/li>\n\n\n\n<li>William Gibson, \u00ab <em>Neuromancien<\/em> \u00bb, Vauvert, Au diable vauvert, 1985, p.64<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1969, le syst\u00e8me binaire ARPANET est install\u00e9 dans quatre universit\u00e9s \u00e9tasuniennes, inaugurant avec son branchement le premier r\u00e9seau \u00e0 commutation de paquets de l\u2019histoire. Quatorze ans plus tard, le protocole TCP\/IP est adopt\u00e9 afin d\u2019obtenir une base commune \u00e0 tous les r\u00e9seaux qui s\u2019en sont suivis. 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